Hiérarchie et structure

Le marché français est structuré autour des cabinets français et anglo-saxons.

La hiérarchie demeure inchangée au sommet du marché même si les cabinets anglais semblent avoir ressenti plus fortement que leurs concurrents l’impact de la crise du fait même de leur organisation structurelle basée sur une forte spécialisation et de larges ressources disponibles.

Un associé d’un cabinet appartenant au Magic Circle londonien résumait ainsi son désarroi à l’automne 2009 : ‘Nous avons une vingtaine d’associés spécialistes des financements d’acquisitions alors que ce type de transactions a presque disparu en 2009’. Ainsi, beaucoup de cabinets anglais ont dû se résoudre à réduire leurs effectifs et à mettre un frein aux recrutements latéraux, se préparant à embrasser une stratégie de croissance plus prudente et contrôlée à l’avenir.

La crise financière et économique a ainsi révélé les faiblesses d’un modèle anglais qui s’imposait de plus en plus en France comme l’étalon de référence du modèle de cabinet. De nombreuses voix se lèvent et annoncent déjà la fin des ‘Trente Glorieuses’ britanniques en France, arguant qu’une armée d’avocats ne répond plus aux besoins d’une nouvelle ère d’ingénierie juridique, de polyvalence et de clients présentant une forte aversion aux risques.

Si les cabinets anglais sont fragilisés par la crise, ce sont également des institutions qui ont fait la preuve de leur pérennité et les derniers des acteurs du marché à sous-estimer. Ils savent constamment se remettre en cause, évaluer leur marché, se montrer novateurs et poursuivent une stratégie de développement pesée à l’échelle mondiale. Il n’y aucun doute qu’Allen & Overy LLP, Clifford Chance, Freshfields Bruckhaus Deringer LLP et Linklaters LLP figurent parmi les premières signatures du droit des affaires en France.

Les cabinets français, qui favorisent souvent une approche plus polyvalente, flexible, ont une organisation de fonctionnement qui se révèle plus avantageuse lorsqu’il s’agit de s’adapter rapidement aux évolutions du marché. Ils se montrent d’ailleurs, dans leur majorité, résilients à la crise à en juger par les solides résultats obtenus en 2009. Bredin Prat, Darrois Villey Maillot Brochier, De Pardieu Brocas Maffei et Gide Loyrette Nouel A.A.R.P.I. ont compté parmi les acteurs du marché les plus performants en 2009.

Le large tissu de boutiques que compte le marché français continue également de bien fonctionner. Ces cabinets sont entièrement dédiés à une branche du droit et certains l’exercent au plus haut sommet du marché comme Flichy Grangé Avocats pour le droit social, Véron & Associés pour le contentieux de brevets ou Vogel & Vogel pour le droit de la distribution et de la concurrence.

Les cabinets américains partagent de nombreuses similarités avec leurs concurrents français dans leur mode d’organisation. Si certains se montrent affectés par la crise financière et économique, d’autres résistent bien et sont déterminés à exploiter ces temps de difficulté de manière opportune. Des cabinets comme Orrick Rambaud Martel et Mayer Brown ont ainsi activement recruté ces derniers temps.

Parmi les meilleurs cabinets américains du marché français, Cleary Gottlieb Steen & Hamilton LLP, Sullivan & Cromwell LLP, Weil, Gotshal & Manges et Willkie Farr & Gallagher LLP sont considérés comme des modèles d’excellence et de grands leaders du marché.